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 MAIWENN&SIO' ☼ between mother & daughter

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Maïwenn G. Seaver
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MessageSujet: MAIWENN&SIO' ☼ between mother & daughter    Mer 6 Juil - 18:05

Tous les jours depuis que Cameron avait été enlevé, j’avais cette fâcheuse tendance de téléphoner aux volontaires qui avaient bien voulu s’occuper de cette affaire. Des professeurs, des anciens élèves ou des élèves pour qui mon mari tenait une place très importante. « Pas de trace de Cameron… Je suis désolé, Maiwenn. ». Une fois de plus, le verdict était sans appel. Je faisais un effort surhumain pour ne pas faire ressentir la déception à mon interlocuteur. « Merci James, on se voit à ton retour. Prends soin de toi, surtout.». J’avais raccroché et je m’étais laissée choir dans le fauteuil qu’occupait autrefois mon mari. Depuis sa disparition, j’avais plus de responsabilités ; pas seulement envers mes enfants mais, aussi envers l’Institut Lincoln parce qu’au bout du compte ils faisaient tous parties de ma famille. Ils étaient tous mes frères, mes sœurs, mes enfants et je me devais de les protéger, de les préserver du danger. Chaque jour, je me posais la même question : « Que ferait-il à ma place ? », Cameron me manquait horriblement, c’était comme si on m’avait arraché une partie de mon être mais, je savais qu’il était encore en vie, quelque part. Est-ce qu’il allait bien ? Quelles sortes de traitements pouvaient bien lui réserver ses geôliers ? Simon Beckinfield était vraiment un être abominable, pas seulement pour s’en prendre aux mutants mais, également pour avoir chassé sa propre fille. Elisha avait finalement trouvé refuge chez nous grâce à Mila et il y avait fort à parier que son père n’y était pas aussi insensible qu’il voulait bien le faire croire. Je vivais chaque jour avec cette angoisse constante de recevoir le coup de téléphone ultime m’annonçant que Cameron avait été retrouvé mort, c’était ma hantise et pourtant, plus les jours passaient et plus je me préparais à cette éventualité aussi insupportable soit-elle. Je voulais être un roc mais, mon enveloppe se fissurait un peu plus chaque jour. Sans lui, je n’étais plus rien. Cela peut sembler dingue mais, c’était le cas. Depuis sa disparition, je n’avais plus la moindre petite prémonition ce qui me rendait totalement inutile.

Il était vrai que pour la plupart des élèves ici, les prémonitions ne sont pas vraiment un pouvoir offensif mais, il m’arrivait souvent de m’en servir dans ce but. J’avais toujours un coup d’avance sur mes adversaires ce qui faisait de moi une personne très douée pour le combat. J’étais un atout. De plus, je m’étais perfectionnée en apprenant différents arts martiaux pour me rendre encore plus redoutable, moi qui autrefois prônais la non-violence, je n’avais plus le choix parce que l’on s’en prenait aux miens. Malheureusement, je faisais une sorte de blocage et je n’en avais parlé à personne jusqu’à présent, une sorte de secret que je gardais farouchement. Comment leur dire que je n’étais plus à même d’être la doyenne de l’Institut ? Que je n’étais plus en mesure de voir l’avenir ? Cela faisait-il de moi une personne égoïste mettant en danger la vie des autres ? Je ne savais plus quoi dire, je ne savais plus quoi faire, tout ceci me dépassait alors, je souriais. Un sourire qui sonnait faux, seulement ils avaient tous la délicatesse de ne pas me le faire remarquer. Nous n’étions pas à l’abri, je devais agir en conséquence parce que pour une fois, je ne savais pas ce que l’avenir nous réservait et ça me terrorisait. Mes doigts s’emparait à présent d’un stylo, écrire me semblait être la chose la plus raisonnable à faire en ces circonstances. Coucher mes dernières volontés sur un papier, juste au cas où les choses tourneraient mal mais, les mots se bousculaient dans ma tête et rien n’en sortait. Je n’y arrivais pas. Je ne pouvais m’y résoudre, je devais me battre. A la place, je choisissais d’écrire le speech de l’anniversaire de l’Institut Lincoln, celui que Cameron avait commencé à écrire avant son enlèvement.

Mes chers amis,

Comme vous le savez sans doute, aujourd’hui est un jour particulier pour l’Institut Lincoln. C’est son anniversaire. Il y a maintenant 72 ans de cela, Lincoln Baxter a décidé de fonder une école spéciale pour des êtres comme nous mais, au fil des années, cette école est finalement devenue une maison, un refuge et une famille pour ceux qui en ont eu le plus besoin et aujourd’hui, un membre de notre famille a été enlevé. Le pilier de cette école. Il devrait se tenir à ma place. Il est beaucoup plus doué que moi pour les discours en public, à croire qu’il a fait ça toute sa vie. Je me fais donc son porte-parole et je tiens à tous vous remercier pour votre présence, votre authenticité. Vous faîtes partie de cette grande famille. J’en profite également pour vous dire que l’important ce n’est pas ce que l’on est mais, c’est ce que l’on fait de ce qu’on est. Joyeux anniversaire à tous.


C’était un peu court peut-être un peu trop plat pour un discours d’anniversaire. Il n’était pas aussi percutant que ceux de Cameron, je ne lui arrivais pas à la cheville, j’avais peur de ne pas être à la hauteur de mes responsabilités en tant que doyenne, surtout depuis que mes nerfs étaient sérieusement mis à mal. S’en prendre aux miens n’étaient pas une chose à faire, ma gentillesse avait certaines limites qu’il était bon de ne pas franchir et tôt ou tard, la Compagnie finirait par le savoir. Je n’étais peut-être pas la plus puissante des mutantes mais, j’étais sans doute l’une des plus hargneuses. Jusqu’à présent je n’avais pas eu à devenir méchante alors il y a fort à parier que le jour où ça me prendra, tous aux abris. Je soupirais une fois de plus. Plus aucune motivation ne m’habitait désormais, j’étais une coquille vide. Il fallait que je me change les idées. J’allumais donc mon ordinateur portable pour faire défiler ma playlist. Les écouteurs dans les oreilles, j’avais sélectionné une musique au hasard avant de me rendre compte qu’il s’agissait de « Missing Persons », une chanson de OneRepublic… Mon envie d’écouter de la musique était définitivement passée. A la place, je parcourais les vidéos de Cameron et j’y découvrais la vidéo de notre dernier Noël en famille, ce qui m’arrachait un sourire. Nous étions dans ses pensées, jusque dans son ordinateur. Je me laissais finalement tentée par celle-ci… Cameron, Mila, Kylian et moi, nous étions tous au grand complet.

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M. Siobhàn Seaver
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MessageSujet: Re: MAIWENN&SIO' ☼ between mother & daughter    Jeu 7 Juil - 0:35


Breathe Me by Sia
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« Merde ! Repose-moi au sol crétin ! ». La bouche de tous les étudiants présents s'ouvrirent sans qu'aucun son n'en sorte pour autant. Tous les regards étaient à présents rivés sur Siobhàn et le jeune homme non loin d'elle qui la fixait d'un air satisfait tandis qu'elle se débattait dans les airs comme si quelqu'un la tenait et qu'elle voulait s'échapper. Finalement, après cinq bonnes minutes à se débattre en vain, Siobhàn avait posé son regard qui était littéralement devenu noir sur le jeune homme que la situation semblait amuser. Personne ne s'était attendu à ce que la demoiselle réagisse de la sorte, ça ne lui ressemblait tellement pas, elle qui parvenait toujours à garder son calme au cours des exercices d'entraînements virtuels, montrant le bon exemple aux nouveaux comme son père le lui avait demandé. Seulement voilà ... son père n'était plus là et Siobhàn détestait qu'on la piège de la sorte. « Nom de dieu ! Davis repose-moi immédiatement ! ». Sa voix venait de résonner dans toute la pièce, permettant ainsi de faire comprendre à tous que l'entraînement était terminé, la pièce ayant repris son aspect normal, la scène en plein milieu de la Sibérie ayant disparu. Tout le monde continuait de regarder Siobhàn et le dénommé Davis sans oser intervenir, craignant la réaction de l'un ou de l'autre si l'un d'eux s'interposait. Le jeune homme la regardait toujours aussi fièrement ce qui agaçait de plus en plus la demoiselle qui sentait sa colère bouillir en elle, prête à exploser à tout moment. Il s'amusait ... ce qu'elle pouvait détester les télékinésistes par moment, surtout dans des moments comme celui-ci où un type comme Davis faisait ce que bon lui semblait en plein milieu d'un entraînement au niveau assez élevé. Siobhàn avait toujours donné une grande importance à ces entraînements qui étaient très proches des missions que les élèves accomplissaient et cet idiot se permettait de faire n'importe quoi sans prévenir. De plus, il ne semblait pas particulièrement pressé de la faire redescendre, s'amusant bien trop à la voir s'énerver sans qu'elle puisse l'atteindre ... c'était ce qu'il pensait tout du moins. Plus Siobhàn passait de temps à se débattre dans les airs et plus sa colère grandissait sans qu'elle ne quitte le jeune homme des yeux. La pièce se mit à émettre des bruits étranges, tremblant légèrement jusqu'à ce que les plafonniers explosent chacun à leur tour, faisant sursauter les élèves présents dans la salle et Davis également. De nouveau sur le sol après avoir atterrit lourdement, Siobhàn se releva et rejoignit l'élève à grands pas avant de lui décoller une droite pour ensuite tourner les talons et quitter au plus vite les sous-sol.

Siobhàn apparue dans les couloirs de l'institut sans prêter attention aux étudiants qui la regardaient avec curiosité, il fallait avouer que la jeune femme n'avait pas même pris le temps de se changer en quittant la salle. Elle passa parmi plusieurs petits groupes d'élèves en coup de vent, bousculant quelques-uns sans prendre le temps de s'excuser, se contentant de foncer droit vers la sortie pour tourner à gauche une fois dehors, en direction du bâtiment ouest, bâtiment appartenant à sa famille. Siobhàn était tout juste à la moitié du chemin lorsqu'elle se mit à courir vers la porte d'entrée, le regard de plus en plus flou au fur et à mesure que les larmes gagnaient ses yeux. Ce qu'elle pouvait détester lorsqu'on la poussait à bout comme ça ! Pourtant, elle n'était pas mauvaise avec les autres membres de Lincoln. Siobhàn avait toujours fait de son mieux pour les aider à s'intégrer aux autres, elle était toujours prête à les aider en cas de besoin, même à s'entraîner avec l'un d'eux pour qu'il s'améliore pour le prochain cours. C'était ce qu'elle avait longtemps considéré comme son devoir en étant la fille du doyen, mais c'était également un plaisir parce qu'elle aimait aider les autres et voilà comment elle était remerciée. Siobhàn arriva enfin devant la porte d'entrée du bâtiment le souffle court, les yeux bouffis et les joues rougis. Elle savait que son frère était à la maison et que, par conséquent, le fait qu'elle n'ait pas ses clés sur elle n'était pas un problème. Elle appuya sur la poignée et poussa la porte, s'engouffrant à l'intérieur avant de refermer bien rapidement derrière elle, le dos contre l'épaisse et grande porte. Il n'y avait aucun bruit au rez-de-chaussée, toutes les pièces étaient calmes et il y avait fort à parier que son arrivée n'avait pas été très discrète. Siobhàn se dirigea droit vers l'escalier, montant les marches quatre à quatre et elle alla directement dans sa chambre sans prendre soin de fermer la porte derrière elle. Elle ôta rapidement la tenue qu'elle avait pour les entraînements et fouilla dans son dressing pour en sortir un slim bleu délavé qu'elle enfila et elle fit de même avec le débardeur gris qu'elle attrapa au vol.

« Tu ne t'étais pas déjà habillée ce matin ? ». Siobhàn manqua de hurler, mais parvenant tout de même à se contrôler, elle fit uniquement un bond en plein milieu de sa chambre avant de se tourner vers la porte de sa chambre. Dans l'encadrement se tenait Kylian, bras croisés contre son torse, son épaule en appuie contre l'encadrement dans la porte. Siobhàn soupira avant de lui tourner le dos pour se diriger vers la tenue qu'elle venait d'enlever et qu'elle roula en boule pour ensuite la jeter dans un coin de sa chambre. Elle coinça ensuite l'élastique qui maintenait ses cheveux bruns en queue et tira dessus pour le retirer tout en faisant de nouveau face à son frère, après quoi elle jeta l'élastique sur son bureau et croisa à son tour les bras contre sa poitrine. « On ne t'as pas appris à frapper aux portes ? ». Kylian se redressa, décroisant les bras tout en regardant sa petite sœur avec une grande surprise. Le jeune homme s'avança d'un pas hésitant vers elle et s'arrêta à quelques mètres la toisant du regard. « Je te signal que la porte était grande ouverte Mila ! Qu'est-ce qui s'est passé ? ». Cette fois, la jeune femme leva les yeux au ciel et passa à côté de son frère sans même prendre le temps de lui répondre. Elle descendit rapidement les marches qu'elle avait monté quelques minutes auparavant, attrapa ses chaussures qu'elle mit à ses pieds et quitta les lieux sans ajouter quoi que ce soit, sachant que son frère l'avait suivi dans l'espoir idiot d'avoir une réponse. Son entourage le savait ... Lorsqu'elle était en colère il n'y avait pas moyen de la faire parler, Siobhàn se contentait d'être de mauvaise humeur et de s'énerver toute seule sans pour autant s'expliquer, avec le temps on prenait l'habitude. Néanmoins, sa famille tentait toujours de la faire parler, mais c'était sans succès, enfin pas réellement. Cameron parvenait à la faire parler sans doute parce que la demoiselle craignait qu'il rentre dans sa tête si jamais elle ne lui répondait pas. Elle avait beau essayé de fermer son esprit depuis douze ans, elle était nulle dès lors qu'il s'agissait de le fermer à son père, comme si ce dernier avait la clé de la serrure qu'elle créait mentalement. De nouveau quelques larmes vinrent attaquer ses yeux, mais Siobhàn les chassa rapidement du revers de sa main, continuant d'avancer vers le bâtiment principal de Lincoln sans faire plus attention aux élèves que précédemment. Une fois à l'intérieur, elle sentie rapidement de nombreux regards se poser sur elle, la plupart venant de ceux qui avaient assisté à la scène lors de l'entraînement.

Siobhàn accéléra le pas. C'était la première fois que ces regards lui semblaient si lourds, si impossible à supporter. Comme elle l'avait fait chez elle, la jeune femme monta les marches quatre à quatre et arriva au premier étage sans ralentir le pas. Puis, rapidement la porte du bureau où elle s'était rendue à de nombreuses occasions apparu devant elle. Lorsqu'elle y allait, c'était bien plus par obligation que pour autre chose. À vrai dire si elle n'écoutait qu'elle-même, Siobhàn n'y aurait pas mis les pieds depuis l'enlèvement de Cameron, s'était tellement douloureux pour elle. À chaque fois qu'elle posait sa main sur la poignée, à chaque fois qu'elle s'apprêtait à pousser la porte, l'image de son père assit derrière son bureau lui venait à l'esprit jusqu'à ce qu'elle disparaisse pour laisser apparaître sa mère à la place. Elle ignorait par quel miracle cette dernière pouvait rester aussi longtemps dans cette pièce sans devenir folle. D'une main tremblante, elle exécuta ce geste banal qui consistait à ouvrir la porte, ne sachant pas si sa mère était à l'intérieur où en réunion quelque part dans l'institut, de toute manière elle serait vite fixée. Elle appuya doucement sur la poignée et fut tout aussi lente pour ouvrir la porte, passant sa tête lorsque l'écart fut suffisant afin de voir si quelqu'un se trouvait à l'intérieur. Aussitôt, sa mère apparue dans son champ de vision apparemment absorbée par quelque chose qu'elle regardait sur l'ordinateur de son père. Siobhàn resta silencieuse afin de ne pas faire remarquer sa présence, des brides de sons parvenant à ses oreilles. Son estomac se noua douloureusement tandis que ses yeux picotaient à nouveau. « C'est Siobhàn qu'il y a écrit gros bêta ! ». Le cœur de Siobhàn se serra un peu plus ... c'était le dernier Noël qu'ils avaient passé en famille, un Noël de plus où elle s'était chamaillée avec son frère. Elle poussa doucement la porte, entrant dans la pièce pour ensuite refermer derrière elle, posant une nouvelle fois le regard sur sa mère. « Je ne te dérange pas ? ». Non, pas du tout ! Elle était juste en train de se remémorer les bons moments avec Cameron, à part ça Siobhàn ne dérangeait pas du tout. La demoiselle resta près de la porte, mains croisées dans le dos, le regard toujours rivé sur sa mère, attendant une réponse de sa part qui déterminerait si elle allait rester ou repartir comme elle était venue.





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Maïwenn G. Seaver
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MessageSujet: Re: MAIWENN&SIO' ☼ between mother & daughter    Jeu 7 Juil - 13:07

« C'est Siobhàn qu'il y a écrit gros bêta ! ». Je mettais mise à rire légèrement et bêtement, j’avais toujours trouvé amusant cette manière dont Siobhàn parlait à Kylian de temps en temps. Ils se taquinaient gentiment tous les deux. Je voyais sur la vidéo que Cameron était tout aussi amusé que moi. Nos enfants –bien qu’ils ne soient pas les nôtres biologiquement parlant – s’entendaient à merveille, nous n’avions pas à nos plaindre. Bien sûr, Kylian était devenu un vrai plaisantin au grand dam de Siobhàn qui était devenue malgré elle sa victime favorite. De temps en temps, il aimait bien aussi s’en prendre à moi, cela ne me dérangeait pas vraiment, au contraire, ça m’amusait. J’étais tellement perdue dans la contemplation de la vidéo que je n’avais pas entendu la porte s’ouvrir délicatement, pas plus que je me sentais observée. Ce n’est que lorsque la voix de Siobhàn s’élevait dans la pièce que je prenais conscience de sa présence. Certaines personnes auraient sans doute sursauté en fermant sèchement le clapet de l’ordinateur portable mais, pas moi. Oui, j’avais été prise sur le fait mais, les souvenirs que je visionnais étaient également les siens. Fort heureusement, je n’avais pas pleuré mais, j’avais un tel pincement au cours qu’il me donnait l’impression qu’une main invisible l’oppressait avec force. « Je ne te dérange pas ? ». Un sourire étirait mes lèvres. J’hochais la tête de gauche à droite pour lui faire comprendre qu’elle ne me dérangeait pas le moins du monde puis, je joignais le geste à la parole. « Bien sûr que non, honey. ».

Finalement, je détachais mon regard de l’ordinateur que j’avais fini par fermer puis, je me tournais vers Siobhàn et mes sourcils se froncèrent automatiquement. Ma fille semblait contrariée. Cela faisait douze ans que je l’avais adopté alors, en fin de compte, j’avais fini par détecter les signaux qui ne trompe pas. Visiblement, quelque chose s’était passé. Quelque chose d’assez important pour qu’elle en vienne à afficher une mine aussi défaite. « Que s’est-il passé, Siobhàn ? Tu m’as l’air très contrariée. ». C’était la première fois depuis l’enlèvement de Cameron que je la voyais ainsi. D’ordinaire, mon mari arrivait toujours à savoir la raison pour laquelle Siobhàn se mettait dans un tel état, elle se livrait plus facilement à lui qu’à moi et je savais que c’était parce qu’elle craignait que l’information ne soit obtenue autrement. « Ne reste pas sur le pas de la porte. Viens t’asseoir. ». Je lui présentais la chaise destinée aux « invités » d’un geste de la main. Je l’observais se rapprocher et enfin se laisser choir confortablement sur celle-ci. J’avais ce même regard que Cameron lorsqu’il tentait de la faire parler. « Parles-moi, Siobhàn. ».

Je ne m’attendais pas à ce que trois coups frappés contre la porte de mon bureau ne viennent nous interrompre. « Entrez. ». Le professeur chargé de donner les cours de simulations passa sa tête à l’encadrement de la porte, visiblement surpris de voir Siobhàn dans mon bureau. « Bonjour Maiwenn, j’étais venu pour vous parler des exploits de votre fille aujourd’hui en cours de simulation mais, je vois qu’elle m’a devancé. ». Je savais à présent la véritable raison de la présence de Siobhàn dans mon bureau et je savais aussi qu’au vue de sa triste mine, les exploits n’étaient finalement pas aussi réjouissants qu’il voulait bien le faire croire. Etait-ce de l’ironie ? Difficile à dire. Ce professeur était toujours impassible. « En effet. Veuillez attendre, s’il vous plait, je voudrais m’entretenir avec vous par la suite au sujet de ce que nous avions convenu. ». Tandis que le professeur acquiesçait d’un signe de tête et retournait à l’extérieur, je posais de nouveau mon regard sur Siobhàn. J’avais entendu, quelques minutes plus tôt, une légère détonation que je pensais faire partie de l’exercice de simulation du jour mais, à présent, j’avais des doutes. Je ne voulais pas porter de fausses accusations, peut-être que ce n’était pas la véritablement raison de sa venue et je connaissais très bien ma fille, comme si je l'avais faite si je puis dire, elle n'aurait jamais fait ça si on ne l'avait pas poussé à bout.

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MessageSujet: Re: MAIWENN&SIO' ☼ between mother & daughter    Sam 9 Juil - 1:49


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Siobhàn avait toujours adoré les entraînements virtuels et surtout prouver à quel point elle pouvait être douée. Il fallait dire qu'avec toutes les missions qu'elle avait effectué depuis le jour où elle avait été en âge d'intégrer l'équipe Alpha ce n'était pas bien surprenant dans le fond. Son équipe et elle avaient risqué leur vie un nombre quasiment incalculable de fois pour le gouvernement, bien sûr ils avaient également effectué quelques missions de routine comme elle aimait les appeler, mais la jeune femme préférait de loin les plus dangereuses, là au moins elle avait l'impression de vivre. Enfin ... c'est sûr que lorsqu'on finit blesser au cours de l'une d'elle on se rend bien compte à quel point on est vivant vu les douleurs qui se propagent dans le corps. Elle avait cessé de compter les cicatrises sur son corps à présent, elles étaient bien trop nombreuses même si elle n'était pas balafrée pour autant, il ne fallait tout de même pas exagérer. Et puis à l'infirmerie ils faisaient vraiment des miracles, autant le dire, si bien que la plupart de ses cicatrices n'étaient quasiment plus visibles ce qu'elle préférait surtout lorsque l'été arrivait comme à présent. Néanmoins, celle qui était la plus visible et qui avait le plus d'importance aux yeux de Siobhàn - autant qu'une cicatrice peut avoir de l'importance en tout cas - c'était celle qu'elle possédait à la hanche et qu'elle devait à une mission en Italie. Comment pouvait-elle l'oublier d'ailleurs ? Deux équipes étaient parties ce jour-là c'était dire l'importance de cette mission et le danger qu'elle engendrait, danger qui frappa Siobhàn de plein fouet si on peut dire. Elle qui était pourtant toujours attentive pour éviter d'être blessée, même si elle avait toujours cette fâcheuse tendance à foncer et à réfléchir par la suite. Leur équipe avait été attaquée par surprise, tous avaient été obligés de se séparer parce qu'il fallait remplir cette mission coûte que coûte et laisser les blesser derrière parce que tels étaient les ordres, mais Ethan avait refusé de la laisser alors qu'elle ne pouvait quasiment plus marcher. Siobhàn se souvenait encore parfaitement de la douleur qui la lançait, du sang qu'elle perdait en grande quantité et d'Ethan qui l'avait soulevé pour l'emmener à l'abri. Ce jour-là elle avait été persuadée de rendre son dernier souffle et de ne plus jamais voir ses proches, elle s'était bien trompée, la preuve ... elle était encore là aujourd'hui et en pleine santé même si son moral ce n'était pas trop ça.

Alors oui, que Davis s'amuse à faire une telle chose au cours d'un entraînement l'avait énervé au plus haut point parce que Siobhàn savait qu'il ne fallait pas plaisanter au cours d'un entraînement et encore moins au cours d'une réelle mission, mais ça il ne pouvait pas le comprendre. Elle était la fille du doyen, elle savait qui étaient les nouvelles têtes de Lincoln étant donné qu'elle était souvent celle qui guidait les petits nouveaux puisqu'elle connaissait les lieux par cœur et ... parce que ses parents le lui avaient toujours demandé à vrai dire. Ainsi, la demoiselle savait que Davis était arrivé tout juste quelques semaines avant l'enlèvement de son père et qu'en conséquence il n'avait encore effectué aucune mission. Du coup, sa réaction avait été peut-être un peu forte, mais lorsque Siobhàn était en colère elle se révélait être bien plus impulsive que d'habitude d'où la jolie droite qu'elle lui avait donné avant de fuir la salle sous le regard choqué - et parfois ébahi - des élèves et du professeur qui les entraînait ce jour-là. N'empêche que ça l'avait soulagé même s'il aurait mieux valu qu'elle se défoule sur un mannequin plutôt que sur un élève, mais Siobhàn n'avait pas spécialement eu envie de se retenir à ce moment-là. C'était comme lorsqu'elle s'était adressée à son frère, la jeune femme n'avait pas pour habitude d'être aussi sèche avec Kylian d'autant plus qu'elle avait cette impression qu'il était parti des années et qu'il revenait seulement maintenant. Siobhàn avait besoin de lui, tout comme elle avait besoin de sa mère, mais son frère était plus à même d'être fort pour elles deux, ce que Siobhàn avait tenté d'être, mais sans succès. Le retour de Kylian était une vraie délivrance pour elle, le retrouver lui redonner de la joie et de l'espoir parce qu'elle savait qu'elle avait toujours été plus forte avec son aîné à ses côtés. Cependant, sa colère avait eu raison d'elle ... de toute manière elle finira par s'excuser le soir venu. Pour ce qui était de Davis ... et bien la demoiselle savait qu'elle n'aurait d'autre choix que de s'excuser également même si elle était très loin d'en avoir envie, lui remettre un coup était ce qui la tentait le plus à vrai dire.

Bref, lorsqu'elle était arrivée dans le couloir menant aux salles de cours et tout le reste, elle avait directement pensé au bureau de son père ... enfin de sa mère. Elle avait encore du mal à s'habituer au fait que Cameron n'était plus dans ce bureau. Bon Dieu ! Pourquoi est-ce que c'était aussi douloureux ? Pourquoi fallait-il qu'elle repasse par là même si c'était différent de la première séparation qu'elle avait dû subir ? Siobhàn voulait retrouver son père, elle voulait pouvoir retourner dans ses bras se sentir en sécurité comme lorsqu'elle était petite. Elle voulait pouvoir le taquiner à nouveau et perdre parce qu'il était bien meilleur à ce jeu-là. Elle voulait le retrouver et prétendre fièrement lui ressembler même si la génétique disait le contraire. Siobhàn était fière d'être sa fille, fière d'être celle de Maïwenn également. La jeune femme adorait se vanter des ressemblances qu'elle avait avec Cameron et qui était uniquement dues au mimétisme qui s'était installé avec les années, mais elle s'en moquait, il était son père et elle le voulait de retour. Même le fait qu'il entre dans sa tête sans prévenir lui manquait affreusement, son rire idiot aussi ... Siobhàn se mordit l'intérieur de la joue pour cesser de penser à tout cela sinon elle allait finir en larmes en plein milieu du couloir et elle attirerait à nouveau le regard de tous les élèves qui s'y trouvaient. Ainsi, elle resta forte même lorsque des brides de la vidéo lui vinrent aux oreilles et qu'elle sentit littéralement son cœur se serrer dans sa poitrine. Comment sa mère pouvait-elle bien faire pour tenir le coup ? Évidemment, Siobhàn savait que c'était loin d'être facile pour elle, qu'elle souffrait sans doute autant que ses enfants, si ce n'était pas plus, mais elle semblait parvenir à faire bonne figure bien mieux qu'elle-même. Puis, finalement, elle était entrée dans le bureau en toute discrétion pour ne pas lui faire peur, mais signalant sa présence malgré tout afin de savoir si elle dérangeait ou non. « Bien sûr que non, honey. ». Un léger sourire étira enfin les lèvres de Siobhàn même si au fond elle était toujours aussi énervée. Elle avait toujours aimé les petits surnoms que sa mère donnait à Kylian et elle, des surnoms qui exprimaient toute l'affection qu'elle avait pour ses enfants qu'elle avait toujours considérés comme étant réellement les siens. Son père l'appelait toujours sa princesse, ce qu'elle était devenue avec le temps ...

« Que s'est-il passé, Siobhàn ? Tu m'as l'air très contrariée. ». Pourquoi fallait-il toujours qu'on lise en elle comme dans un livre ouvert ? S'en était souvent frustrant ! Néanmoins, Siobhàn resta calme et bien moins énervée que lorsqu'elle s'était adressée à son frère, ce qui était souvent comme ça lorsqu'elle était en présence de l'un de ses deux parents. Pourtant, elle grimaça malgré tout, n'aimant pas le fait que Maïwenn lui pose la question parce qu'elle savait qu'elle ne pourrait pas sortir de ce bureau sans y avoir répondu. Enfin ... si elle pourrait en sortir, mais elle savait que sa mère ne lâcherait pas l'affaire avant de savoir et il valait mieux qu'elle sache pour le petit incident dans la salle d'entraînements par elle plutôt que par quelqu'un d'autre. « Ne reste pas sur le pas de la porte. Viens t'asseoir. ». Siobhàn était restée silencieuse, luttant contre son habitude de ne pas s'exprimer lorsqu'elle était en colère. Elle profita des quelques pas pour rejoindre l'une des chaises pour se forcer à parler même si elle resta tout autant muette une fois assise et le regard posé sur sa mère. Seulement, il fallait qu'elle lui parle parce que la jeune femme craignait que sa mère regrette d'autant plus la disparition de Cameron qui était bien le seul à savoir la faire parler sans réellement avoir à le demander. « Parles-moi, Siobhàn. ». L'intéressée ouvrit la bouche, prête à enfin parler lorsque des coups furent portés à la porte du bureau. Évidemment, si quelqu'un s'amusait à la bloquer dans son élan ce n'était pas bien malin. Afin d'exprimer son exaspération, la demoiselle ne pu s'empêcher de soupirer tout en levant les yeux au ciel tandis que sa mère haussait la voix pour que la personne entre. Siobhàn ne bougea pas d'un centimètre, continuant de faire dos à la porte, se doutant légèrement de qui venait et pourquoi. « Bonjour Maïwenn, j'étais venu pour vous parler des exploits de votre fille aujourd'hui en cours de simulation mais, je vois qu'elle m'a devancé. ». De nouveau la jeune femme leva les yeux au ciel. Quel crétin ! Elle avait eu tous les droits de s'énerver comme elle l'avait fait et Davis l'avait cherché ! Finalement ... heureusement que son père n'était pas là sinon elle imaginait déjà parfaitement le regard qu'il aurait posé sur elle en entendant les pensées qu'elle venait d'avoir.

« En effet. Veuillez attendre, s'il vous plait, je voudrais m'entretenir avec vous par la suite au sujet de ce que nous avions convenu. ». C'est ça ... qu'il s'en aille ce n'était pas plus mal. De nouveau un soupire s'échappa des narines de Siobhàn qui sentit rapidement le regard de sa mère se poser à nouveau vers elle, forçant la demoiselle à lever les yeux vers Maïwenn. Elle connaissait sa mère, en douze ans ce n'était pas bien étonnant, et elle savait que ce regard signifiait qu'elle attendait une explication, mais qu'elle ne la brusquait pas pour autant. Toujours légèrement exaspérée par tout ce qui s'enchaînait jusqu'à présent, la jeune femme baissa les yeux et croisa ses mains. « Je me suis peut-être un peu trop énervée durant l'entraînement ... en faite non ! Davis l'avait cherché ! Il continu de croire que les entraînements sont un jeu et il a rien trouvé de mieux que de me faire décoller du sol ... alors oui je l'ai frappé, mais il refusait de me laisser descendre et vu que j'étais énervée j'ai fait sauter les plafonniers malgré moi et je me suis retrouvée le nez au sol ... ». C'était plutôt bien résumé. Pour la troisième fois, Siobhàn soupira et leva à nouveau les yeux vers sa mère, une expression qu'elle voulait désolée se dessinait sur son visage. Elle n'était pas si impulsive habituellement, mais comme beaucoup elle avait les nerfs à vif, sauf que contrairement aux autres elle ne savait pas canaliser sa colère qui sortait sans prévenir. Au cours des entraînements ça lui permettait d'être particulièrement douée - bien plus que d'habitude - mais en dehors elle devenait une catastrophe ambulant. Puis, malgré sa colère et sa gêne mélangée, elle repensa aux propos que Maïwenn avait tenu au professeur et ses sourcils se froncèrent légèrement. « C'est quoi ce sujet dont tu n'as pas voulu parler en ma présence ? ». Siobhàn regarda sa mère avec curiosité, mais également avec méfiance. Elle n'avait jamais spécialement aimé le fait d'être tenue à l'écart de certaines discussions, surtout lorsqu'elle en entendait parlé malgré elle.





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MessageSujet: Re: MAIWENN&SIO' ☼ between mother & daughter    Dim 10 Juil - 15:50

Je n’étais peut-être pas télépathe mais, en tant que mère j’avais appris à détecter les signes qui ne trompent pas. Siobhàn avait toujours eu cette fâcheuse tendance à se murer dans le silence lorsque quelque chose la tracassait et il était assez amusant de voir que certaines caractéristiques ne changeaient pas avec l’âge. En général, c’était Cameron qui s’occupait de ça. Bien sûr, j’étais tout aussi à même d’écouter ma fille et de prendre la relève mais, j’avais parfois l’impression qu’il était beaucoup plus facile d’en parler avec son père plutôt qu’avec sa mère. Je n’en souffrais pas, je comprenais que certains enfants aient plus de complicité avec l’un des deux parents et honnêtement, Cameron était un père tout à fait formidable. Je n’y aurais sûrement pas cru quelques années plus tôt à l’époque où je le trouvais aussi séducteur qu’irresponsable. Il cachait bien son jeu. L’arrivée du professeur avait coupé court à notre petite discussion, je sentais pourtant que Siobhàn était sur le point de me parler de ce qu’elle avait sur le cœur. J’avais donc congédié le professeur en question, je voulais entendre sa version des faits, ce qu’elle ne tarda pas à me donner. « Je me suis peut-être un peu trop énervée durant l'entraînement ... en faite non ! Davis l'avait cherché ! Il continu de croire que les entraînements sont un jeu et il a rien trouvé de mieux que de me faire décoller du sol ... alors oui je l'ai frappé, mais il refusait de me laisser descendre et vu que j'étais énervée j'ai fait sauter les plafonniers malgré moi et je me suis retrouvée le nez au sol ... ».

Je restais silencieuse. C’était la première fois que Siobhàn sortait de ses gongs et là encore, je continuais de croire que Cameron était le plus à même de résoudre son problème. Comment je devais réagir exactement ? En tant que mère, en tant que doyenne ou les deux ? Siobhàn n’avait jamais fait de mal à une mouche, bien au contraire, depuis son arrivée ici elle était un modèle et n’hésitait pas à aider les nouveaux comme elle l’avait fait en cours de simulation. Tandis que je réfléchissais à une manière de lui répondre, elle enchaîna sur un autre sujet. « C'est quoi ce sujet dont tu n'as pas voulu parler en ma présence ? ». Nous y voilà, décidément, Siobhàn avait vraiment de qui tenir. Elle ne perdait pas le nord. Je soupirais, levant la main une fraction de secondes pour lui faire comprendre que j’y reviendrais plus tard. « C’est la première fois que je suis face à ce genre de situation avec toi mais, je comprends qu’en ce moment tu es sur les nerfs. On l’est tous ici mais, tu dois savoir que je ne dois pas faire de favoritisme parce que tu es ma fille, d’autant plus que tu as frappé un élève. Tu aideras l’équipe de nettoyage à débarrasser la salle de simulation pour cette fois… avec Davis, je le ferais venir dans mon bureau pour discuter de l’incident et pour avoir usé de son pouvoir sur quelqu’un d’autre. » . Mon regard était doux bien qu’autoritaire, comme avec n’importe quel élève qui venait dans ce bureau pour se confier un peu à moi.

« Siobhàn, tu ne devrais pas tout garder pour toi, surtout en ce moment. C’est l’accumulation de toutes ces choses qui font que tu finis par perdre le contrôle à la moindre contrariété. Aujourd’hui c’était les plafonniers mais, demain ça risque d’être autre chose et comme ton pouvoir est puissant tu pourrais blesser quelqu’un sans le vouloir mais, je pense que tu y as songé, après tout, tu es venue ici par toi-même. ». J’avais été dans la même situation autrefois sauf que je n’avais pas un pouvoir offensif comme celui de Siobhàn. « Et pour répondre à ta question, nous préparons l’arrivée d’un nouveau professeur, compétent et doté d’un pouvoir tout à fait intéressant qui nous sera très utile. ». Je préférais en taire le nom pour l’instant. Le retour de Nathan risquait de faire forte impression, surtout qu’à l’origine il était connu comme étant un excellent journaliste doué d’empathie. Un pouvoir qui se rapprochait quelque peu de celui de Cameron. Sa présence m’aiderait beaucoup pour apaiser les esprits ici mais, il risquait également de faire resurgir de vieux souvenirs étant donné que la plupart des professeurs qui avaient étudiés en même temps que nous se souvenait qu’autrefois nous formions un couple… bien avant Cameron et moi, cela va de soi et je me doutais que le jour où mes enfants l’apprendraient ils se montreraient tous un peu méfiant envers lui. « Je pense qu’il est grand temps pour les Seaver de sortir un peu. Ce soir, Kylian, toi et moi, nous irons manger à l’extérieur et nous passerons un peu de temps en famille. »

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MessageSujet: Re: MAIWENN&SIO' ☼ between mother & daughter    Ven 15 Juil - 2:03


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Siobhàn n'avait jamais été du genre à s'énerver aussi facilement et ce malgré son passé. En réalité elle partait du principe qu'il y avait bien pire que son existence même si son enfance n'avait pas été celle dont toutes les petites filles peuvent rêver. Il fut un temps où elle avait été une princesse, quasiment au sens propre du terme d'ailleurs et même si à l'époque déjà elle était loin d'être capricieuse, elle avait eu tout ce qu'elle souhaitait parce que ses parents voulaient le bonheur de leurs deux filles. Mais même si par la suite et pendant cinq ans sa vie avait plus ressemblé à un calvaire qu'à autre chose, elle ne se plaignait jamais parce que c'était en partie ce qui lui avait permis de devenir la jeune femme qu'elle était aujourd'hui. Oui, en partie seulement parce que Maïwenn et Cameron y étaient pour beaucoup et c'était quelque chose dont elle était très fière au fond. Elle devait beaucoup à ceux qu'elle considérait comme ses véritables parents parce qu'ils avaient élevé son frère et elle du mieux qu'ils avaient pu et qu'aujourd'hui Kylian et elle faisaient de leur mieux pour les remercier. Les Seaver lui avait offert une nouvelle vie, une nouvelle famille, un toit et de nouvelles perspectives pour son avenir et elle savait qu'elle ne les remercierait jamais assez. Mais si elle avait toujours été douce par le passé, il fallait savoir qu'au fond d'elle sommeillait un véritable monstre, la partie sombre de sa personnalité qui ressortait si jamais les choses n'allaient pas et qu'on s'en prenait à ceux qui importaient tellement à son existence, comme son père. Dans son passé, il n'y avait qu'un seul antécédent de violence quand l'un des élèves de Lincoln, une certaine Juliet, avait fait l'erreur de lui dire qu'elle était une enfant non voulue et que ses parents l'avaient adopté par obligation plus que par choix. Siobhàn se souvenait encore très bien de la colère qui était montée en elle avec une telle vitesse qu'elle n'avait pas eu le temps de se contrôler, son poing ayant atterrit dans le visage de cette Juliet avant qu'elle ne s'en rende compte, lui brisant le nez. Siobhàn se rappelait aussi que ses parents lui avaient passé un savon après cet incident alors que son frère n'avait cessé de rire, lui assurant qu'elle le méritait largement. Néanmoins, en grandissant la demoiselle avait appris à se maîtriser et elle y était parvenue ... jusqu'à ce jour.

Cependant, il fallait avouer qu'elle devait encaisser pas mal de choses ces derniers mois. Son père était enlevé, sa soeur revenait dans sa vie et elle était la prochaine cible de la Compagnie, son moral ce n'était plus trop ça, Siobhàn étant loin d'être au mieux de sa forme. Pourtant, pour se défouler elle savait qu'il y avait autre chose que de frapper un de ses camarades - aussi soulageant que ça puisse être. Elle sortait souvent la nuit, lorsque la plupart des étudiants et professeurs dormaient sur leurs deux oreilles ou non. Siobhàn se faufilait silencieusement et discrètement dans le sous-sol où elle se défoulait du mieux qu'elle le pouvait sur les mannequins, déversant toute sa rage, toute sa colère contre eux en prenant bien soin de ne pas perdre le contrôle de son pouvoir. Le contrôle moléculaire pouvait se révéler très dangereux lorsqu'il n'était pas maîtrisé et étant donné que Siobhàn avait appris à le déclencher mentalement, perdre le contrôle était encore pire à ce niveau. Néanmoins, malgré ses crises de colère, la demoiselle était toujours parvenue à se maîtriser à temps, sauf aujourd'hui, mais ses nerfs lâchaient et elle n'arrivait à rien faire contre. Seulement, il fallait croire que se défouler contre les mannequins ne suffisait plus et Siobhàn ne savait plus du tout comment gérer cette situation. Parler librement de ce qu'elle ressentait ne lui ressemblait tellement pas, elle avait toujours été du genre à tout garder en elle pour mieux exploser par la suite, ce qui faisait souvent sa force au cours des missions. Là elle pouvait libérer tout ce qu'elle gardait en elle parce que ça lui permettait d'être bien plus forte et puissante que d'habitude et elle craignait que sans ça elle perdrait toutes ses qualités dont elle était si fière aujourd'hui. « Ta puissance provient de toi et non pas de ce qu'il y a en toi. ». Dans le genre implicite, son père ne faisait pas mieux, du moins c'est ce qu'elle avait pensé à l'époque, un jour où il était encore entré dans sa tête pour savoir ce qui la tracassait alors qu'elle avait catégoriquement refusé de parler. Sa force venait de ce qu'elle était et non pas des émotions qu'elle refoulait en elle et se libérer ne risquait pas de la rendre moins douée, seulement c'était plus facile à dire qu'à faire et qu'à croire.

« C'est la première fois que je suis face à ce genre de situation avec toi mais, je comprends qu'en ce moment tu es sur les nerfs. On l'est tous ici mais, tu dois savoir que je ne dois pas faire de favoritisme parce que tu es ma fille, d'autant plus que tu as frappé un élève. Tu aideras l'équipe de nettoyage à débarrasser la salle de simulation pour cette fois... avec Davis, je le ferais venir dans mon bureau pour discuter de l'incident et pour avoir usé de son pouvoir sur quelqu'un d'autre. ». Siobhàn fut ramenée à la réalité par la voix de sa mère. Elle leva les yeux une nouvelle fois vers Maïwenn, définitivement sortie des diverses pensées qui se bousculaient dans sa tête ces derniers jours. Elle l'écouta attentivement et ne put s'empêcher de soupirer pour ensuite regarder sa mère, une expression indignée apparaissant sur son visage. Évidemment qu'elle allait aider l'équipe de nettoyage à débarrasser la salle de simulation ... de Davis. Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Siobhàn à cette pensée avant de subitement disapparaître lorsqu'elle se rendit compte que c'était une très mauvaise idée de chercher de nouveau des ennuis. Sa mère avait déjà bien assez à faire, ce n'était pas pour qu'elle en rajoute avec cette délinquance qui était nouvelle chez elle. « Très bien ... ». Siobhàn n'était pas plus convaincue que ça, aider à nettoyer n'était pas un problème puisqu'elle s'entendait assez bien avec la grande majorité des employés de l'institut, mais nettoyer avec l'autre idiot derrière elle s'était un gros problème parce qu'elle avait cette nette impression qu'il allait trouver un malin plaisir à la torturer pendant cette punition, autant appeler les choses comme elles sont. « Siobhàn, tu ne devrais pas tout garder pour toi, surtout en ce moment. C'est l'accumulation de toutes ces choses qui font que tu finis par perdre le contrôle à la moindre contrariété. Aujourd'hui c'était les plafonniers mais, demain ça risque d'être autre chose et comme ton pouvoir est puissant tu pourrais blesser quelqu'un sans le vouloir mais, je pense que tu y as songé, après tout, tu es venue ici par toi-même. ». Nouveau soupire de la part de la jeune femme. Bien sûr qu'elle y avait déjà pensé, perdre le contrôle de son pouvoir risquait de la mettre dans un état pas possible, déjà qu'elle avait la sensation de perdre le contrôle de sa vie, autant ne pas en rajouter. Néanmoins, elle n'était toujours pas prête à parler parce que ça ne lui ressemblait pas même si face à elle se trouvait sa mère, une des personnes en qui elle avait le plus confiance au monde.

« Et pour répondre à ta question, nous préparons l'arrivée d'un nouveau professeur, compétent et doté d'un pouvoir tout à fait intéressant qui nous sera très utile. ». Siobhàn arqua un sourcil à cette annonce tout en tentant de décrypter les traits de son visage pour savoir si sa mère connaissait ce professeur ou non, mais rien. De toute manière elle perdait la main d'en à peu près tout dernièrement. Seulement, elle ne put s'empêcher de ressentir une pointe de colère en elle qui expliqua le fait que sa mâchoire était crispée à présent. « Très utile pour quoi ? Remplacer papa ? ». Celle-là ... elle n'avait pas pu l'empêcher de sortir de sa bouche, elle avait parlé bien plus vite qu'elle avait pensé, ne parvenant donc pas à retenir cette fichue phrase dans sa tête. Pourtant, elle savait que ça n'était pas du tout dans l'idée de sa mère de remplacer son père, elle savait qu'elle souffrait bien plus de l'enlèvement de Cameron que la plupart des personnes de l'institut ou tout simplement présentes dans cette pièce. Seulement, le fait qu'un professeur soit choisi à ce moment précis et qu'il ait soit disant un pouvoir intéressant et utile frustrait légèrement Siobhàn qui n'avait pas pu le cacher. Cependant, elle ne s'excusa pas pour autant, après tout ses parents ne voulaient-ils pas qu'elle s'exprime plus au lieu de tout encaisser ? « Je pense qu'il est grand temps pour les Seaver de sortir un peu. Ce soir, Kylian, toi et moi, nous irons manger à l'extérieur et nous passerons un peu de temps en famille. ». Le regard de Siobhàn ne quitta pas sa mère une seule seconde depuis la phrase qu'elle venait de lui balancer sans même réfléchir à ce que ça pourrait lui faire. « Tu peux y aller avec Kylian, pour ma part je n'ai pas spécialement envie de manger en ville surtout pas si je risque d'être enlevée. ». C'était l'excuse la plus minable qu'elle ait dite jusqu'à présent, pourtant elle semblait plus que sincère en parlant bien que la pointe de colère dans sa voix se faisait toujours sentir. Siobhàn aurait sans doute accepté s'il n'avait pas été question du professeur qui allait faire son arrivée, d'accord c'était elle qui avait cherché à savoir, mais elle avait néanmoins le droit de réagir comme bon lui semblait à cette nouvelle.





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MessageSujet: Re: MAIWENN&SIO' ☼ between mother & daughter    Lun 18 Juil - 19:06

Depuis que Cameron avait été enlevé, je croulais sous les responsabilités et le moins que l’on puisse dire c’est que je n’avais pas le temps de m’apitoyer sur mon sort ce qui, en fin de compte, ne me ressemblait pas du tout mais, le fait d’avoir Siobhàn devant moi à cet instant précis me donnait l’impression d’avoir quelque peu négligé ma famille pendant tout ce temps. Elle n’allait pas bien et je ne pouvais que comprendre : son père lui manquait. A qui ne manquait-il pas ? Cameron était le pilier de cette école, tout le monde avait besoin de ses conseils avisés et de son expérience. Il avait ce charisme que je n’avais pas mais, surtout cette présence qui avait quelque chose de réconfortant. J’avais parfois l’impression qu’il était plus indispensable ici que moi, j’aurais tout fait pour être à sa place cependant, c’était un détail que je préférais garder pour moi. En tant que doyenne, je devais prendre des mesures et je n’avais rien trouvé d’autre pour Siobhàn que d’aider l’équipe de nettoyage à tout remettre en ordre avec l’aide de Davis. Ce n’était pas un méchant garçon, il était juste un peu trop taquin et toujours là au mauvais endroit et au mauvais moment, je comptais bien lui parler afin de le remettre dans le droit chemin. Siobhàn n’était pas la première personne à s’être plainte de son comportement trop puéril mais, jusqu’à présent, c’était Cameron qui s’en occupait et en l’absence de ce dernier, Monsieur se remettait à n’en faire qu’à sa tête. Les mauvaises habitudes ont la vie dure. Vous savez ce qu’on dit : « Quand les chats ne sont pas là, les souris dansent », j’étais peut-être un peu trop cool parfois, le fait est que je ne savais plus comment réagir.

Je devinais à sa réaction que Siobhàn n’était pas enchantée du sort que je lui avais réservé, pour ainsi dire. Tant mieux, une corvée n’est jamais censée être une partie de plaisir après tout, j’affichais donc un sourire malgré moi, ravie que cette tâche ne lui plaise pas tout particulièrement. Je savais qu’elle s’entendait très bien avec le personnel de l’Institut et en tant que fille adoptive du doyen c’était même tout à fait logique et je savais que ce qui la dérangeait le plus dans l’histoire s’appelait Davis. J’espérais que le fait de se trouver dans la même pièce les aiderait à se réconcilier mais, apparemment Siobhàn était encore trop énervée de ce qui s’était produit quelques minutes plus tôt en salle d’entraînement. Je songeais à l’emmener voir le psychologue de l’Institut mais, je savais que ce n’était pas une bonne idée dans son état et puis, elle était majeure désormais ce qui impliquait que je n’avais plus vraiment mon mot à dire. Je lui parlais donc du nouveau professeur pour changer de sujet mais, j’avais peut-être un peu trop vanté les mérites de mon ancien amant. « Très utile pour quoi ? Remplacer papa ? ». Si j’avais eu un crayon en bois dans la main, je l’aurais sûrement cassé en deux lorsqu’elle me prononça cette phrase sur un ton qui n’avait rien de gentil. Je l’avais rarement connu si agressive. Mon cœur avait fait un raté dans ma poitrine, mon sang s’était figé et je m’étais mise à crisper ma main pour lutter contre l’envie soudaine de me lever et de perdre mon sang froid face à ma fille. Ce n’était pas le moment. A la place, je l’observais, totalement abasourdie. « Je vais faire comme si je n’avais rien entendu. ». J’avais répliqué sèchement, fixant Siobhàn avec autant d’insistance qu’elle le faisait. Je trouvais ça injuste qu’elle me dise une chose pareille surtout qu’entre Nathan et moi, nous sommes finalement devenus amis. Quand je disais que sa présence m’était utile je parlais avant tout de l’utilité de son pouvoir et de ses connaissances mais, aussi et surtout de son vécu en tant qu’élève au sein de l’Institut. Nathan avait eu beaucoup de mal à s’intégrer à l’époque.

Pour parer une éventuelle crise mais, aussi pour renforcer un peu nos liens qui avaient été mis à mal dernièrement, je proposais une sortie en ville et là encore, la réponse de Siobhàn ne se fit pas attendre. « Tu peux y aller avec Kylian, pour ma part je n'ai pas spécialement envie de manger en ville surtout pas si je risque d'être enlevée. ». Je fronçais légèrement les sourcils. « Très bien. ». Après ça, je n’avais pas spécialement envie de rouvrir le dialogue, Siobhàn me décevait par son comportement mais, je n’étais pas d’humeur à la gronder, sûrement pas après ce qu’elle m’avait dit quelques minutes plus tôt. Comme si je voulais remplacer son père. Cameron était tout pour moi. Je replongeais donc le nez dans le dossier qui était posé sur le coin du bureau.


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: MAIWENN&SIO' ☼ between mother & daughter    Jeu 21 Juil - 14:31


Breathe Me by Sia
‘‘ NO SACRIFICE, NO VICTORY
Il lui arrivait parfois de s'emporter, comme toutes personnes sur cette planète. Au fond, son ADN avait peut-être subi une mutation, elle n'en restait pas moins humaine, une humaine avec des émotions qui parfois se bousculaient et l'empêchaient de se contrôler. Dernière Siobhàn était surtout envahie par la tristesse et le désarroi, elle ne savait plus quoi faire, elle ne savait plus comment agir, elle ne savait quoi dire pour que les choses rentrent dans l'ordre. C'était un peu comme si l'univers avait attendu ce moment précis pour faire en sorte que son monde s'effondre, l'univers avait décidé que maintenant qu'elle était parfaitement heureuse il fallait qu'elle souffre à nouveau. Bien sûr, Siobhàn avait un esprit bien trop scientifique pour croire à cent pour cent à ceci, mais il lui fallait une excuse, elle avait besoin d'une raison pour comprendre pourquoi sa vie semblait être vouée au désastre. Elle ne demandait rien d'autre que de mener une vie banale, tout du moins aussi banale qu'elle pourrait l'être lorsqu'on est un mutant. Siobhàn voulait continuer d'étudier paisiblement à Lincoln, elle voulait mener à bien les missions - même si ce n'était pas spécialement normal - qui lui étaient parfois confiées. Elle voulait devenir pédiatre, s'occuper d'enfants dans un hôpital en ville ou même à l'institut si besoin, elle voulait fonder sa propre famille, vivre aussi heureuse que ses parents avaient pu l'être jusqu'à il y a quelques mois, mais non il fallait encore que quelque chose de difficile à supporter se produise. Il lui avait fallu tellement de temps pour surmonter la mort de ses parents, pour s'habituer au fait qu'à cause de son patronyme, qu'à cause de ce qu'elle était elle serait pourchassée. Siobhàn avait dû attendre longtemps avait de pouvoir venger ses parents, avant de pouvoir retrouver sa soeur aînée et à présent on lui retirait son père et on lui collait à nouveau une menace sur les épaules. Alors oui, elle avait tous les droits de perdre les pédales par moment, de devenir folle des jours comme celui-ci, néanmoins en règle générale elle parvenait toujours à se maîtriser, mais là elle n'en pouvait plus, c'était trop. Elle sentait qu'en elle ça bouillonnait de plus en plus dangereusement, qu'elle n'allait pas tarder à exploser, devenant une menace pour toutes les personnes autour d'elle.

Siobhàn avait appris très rapidement à maîtriser le contrôle moléculaire, elle s'en sortait étonnement bien aujourd'hui même si elle continuait de découvrir quelques facettes de son pouvoir qui lui étaient encore inconnues. Cependant, elle perdait que très rarement le contrôle, voir même jamais, mais aujourd'hui Davis l'avait mise dans un tel état de fureur que son pouvoir lui glissait entre les doigts, lui donnant l'impression de le découvrir pour la première, d'avoir à le contrôler comme s'il s'agissait de quelque chose de tout nouveau pour elle. Siobhàn avait conscience du fait qu'avec un pouvoir aussi offensif que le sien elle pouvait rapidement devenir dangereuse pour autrui et elle s'efforçait toujours de garder la tête sur les épaules pour ne pas perdre la main, seulement à présent elle avait de plus en plus de mal. La jeune femme avait toujours refoulé ses émotions parce qu'elle n'avait jamais eu cette facilité à s'exprimer auprès des autres, mais aussi parce que ça lui permettait de rester maîtresse d'elle-même et de son pouvoir, ce qui n'était vraiment pas négligeable. Néanmoins, elle accumulait beaucoup et trop rapidement ces derniers temps, Siobhàn ne parvenait quasiment plus à canaliser toutes les émotions qui la gagnaient et ça la frustrait au point qu'elle explosait sans même le vouloir. Même le fait de se défouler au cours des entraînements ne servait plus à rien à présent, Siobhàn avait beau frapper encore et encore les mannequins sur lesquels les étudiants s'entraînaient, il n'y avait rien à faire, elle était une boule de nerfs, une bombe à retardement qui n'allait pas tarder à exploser. Plus elle y pensait et plus elle se disait que même partir en mission était une mauvaise idée, si elle-même n'était pas capable de prédire quand elle allait exploser, elle ferait courir un trop risque à ses partenaires et au fond elle se doutait que sa mère devait avoir une petite idée de ce que sa fille risquerait de faire en mission si elle partait en étant autant sur les nerfs. Maïwenn la connaissait, en douze ans ce n'était pas bien surprenant et même si par moment elle pouvait donner cette impression de ne jamais savoir comment gérer les choses avec Siobhàn cette dernière savait qu'au fond d'elle, elle savait comment agir, elle n'en avait pas conscience et elle le faisait naturellement.

S'énerver ainsi contre sa mère ne lui ressemblait encore moins, mais Siobhàn avait craqué malgré elle, elle devait déjà gérer son traumatisme dû à l'enlèvement de Cameron et le fait que chaque jour elle risquait de subir le même sort, apprendre en plus qu'un nouveau professeur allait faire son arrivée l'avait quelque peu ... fait exploser, mais à petite dose. En réalité, le fait qu'il y ait un nouveau n'était pas ce qui la dérangeait, c'était ce qu'elle avait lu dans le regard de sa mère, ce qu'elle avait fini par décrypter sur son visage qui lui déplaisait. Siobhàn avait cette nette impression que sa mère connaissait assez bien le nouveau professeur qui allait faire son arrivée et elle ne saurait expliquer pour quelles raisons elle s'était sentie aussi frustrée, la demoiselle ignorait pourquoi elle venait de sentir comme un danger pour son père. En principe c'était à Cameron de protéger Siobhàn, mais sur le coup la jeune femme venait d'inverser les rôles, préservant son père même si elle ignorait de quoi et même s'il n'y avait sûrement pas de quoi s'alerter. Siobhàn était tellement en colère et frustrée que tous ses sens semblaient s'être mis en alerte sans raison particulière. C'était peut-être pour cela que les mots avaient franchi ses lèvres sans qu'elle parvienne à les retenir, inutile de tenter de tourner sept fois sa langue dans sa bouche dans des moments pareils. Pourtant, Siobhàn ne semblait pas regretter ses paroles, en réalité elle était tellement énervée que même blesser sa mère n'avait pas l'air de la déranger, c'était ce qu'il y avait de pire lorsqu'elle était d'une humeur pareille. En règle générale, Siobhàn était une jeune fille altruiste et douce, s'inquiétant toujours plus pour son prochain que pour elle-même. Certes, elle était également râleuse et particulièrement sensible - même si elle savait très bien le cacher - mais les autres importaient bien plus que sa personne. Pourtant, des moments comme celui-ci pouvaient avoir lieu, laissant ressortir le côté sombre de Siobhàn, comme si en elle vivait une seconde personnalité en sommeil jusqu'au moment propice. Elle n'était pas schizophrène, loin de là, c'était seulement qu'elle savait se montrer fière, mauvaise et cassante lorsqu'elle craquait, un moyen de défense qu'elle avait construit pour ne pas montrer sa faiblesse, son côté sensible qui pourrait prouver à quel point Siobhàn était facile à briser dans le fond.

« Je vais faire comme si je n'avais rien entendu. ». Siobhàn soupira et baissa enfin les yeux, se rendant enfin compte du fait qu'elle y était peut-être allée un peu trop fort et encore le mot était faible pour exprimer la culpabilité qui la gagnait doucement à présent. Néanmoins, elle ne s'excusa pas pour autant même si ça ne l'aurait pas tué de le faire, mais elle était bien trop fière pour l'instant pour le faire, peut-être que dans les minutes qui allaient suivre trouverait-elle le courage de le faire. Maïwenn n'avait rien demandé non plus, elle subissait tout autant cette situation que Siobhàn, mais elle au moins ne passait pas ses nerfs sur ses proches enfin ... de toute manière pour le peu qu'elle voyait sa mère dernièrement il aurait été étonnant qu'elle parvienne à s'énerver contre elle. Autant l'avouer, avec tout ce qu'elle avait à gérer, avec toutes les obligations nouvelles dont elle devait s'occuper, Maïwenn n'était plus aussi présente pour Siobhàn. Pourtant, elle ne la blâmait pas pour ça, elle savait que pour l'instant l'institut était prioritaire, que tant qu'elle n'aurait pas pris totalement ses marques et ses habitudes, sa mère allait devoir faire des concessions pour parvenir à tout gérer, néanmoins Siobhàn se rendait compte à présent à quel point la présence si habituelle de sa mère lui manquait. La demoiselle ne fut donc pas étonnée du ton sec que sa mère employa pour répliquer, après tout elle l'avait bien cherché. « Très bien. ». De nouveau, la jeune femme soupira et se leva du fauteuil sur lequel elle avait pris place quelques minutes auparavant sans regarder une seule fois sa mère, commençant à se diriger silencieusement vers la porte du bureau pour en sortir. Arrêtée devant cette dernière, Siobhàn posa sa main sur la poignée, prête à ouvrir lorsqu'elle ferma les yeux, soupirant une nouvelle fois de manière discrète avant d'ouvrir à nouveau les yeux, faisant toujours face à la porte. La main toujours sur la poignée, Siobhàn hésita quelques instants avant de se tourner, posant son regard sur sa mère. « Ce que j'ai dit y a quelques instants c'était sur le coup de la colère, je ne le pensais pas même si je sais que je t'ai blessé et que tu ne m'excuseras pas comme ça ... je voulais seulement que tu le saches. ». Siobhàn resta dans la même position, regardant toujours sa mère sans rien ajouter, attendant un signe ou une parole de Maïwenn qui lui indiquerait qu'elle avait tout de même entendu son excuse avant qu'elle ne quitte le bureau.

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MessageSujet: Re: MAIWENN&SIO' ☼ between mother & daughter    Ven 12 Aoû - 23:44

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Il y a certaines paroles qui blessent. Jamais je n’aurais cru que Siobhàn irait si loin, jamais je n’aurais cru qu’elle me blesserait ainsi et pourtant, le mal était fait. Je déglutissais avec difficulté, me retenant de faire un geste ou d’avoir une parole de trop. Nous étions tous sur les nerfs ces derniers temps, nous étions tous assaillis des mêmes questions et des mêmes doutes… du moins, c’était ce que je pensais. Jamais je n’aurais imaginé que Siobhàn aurait mis en doute l’amour que je portais pour son père. Cameron représentait tant de choses pour moi, il était mon âme sœur et je ne m’imaginais pas vivre sans lui pourtant, aujourd’hui, il n’était plus là et la Terre continuait de tourner. Je m’accrochais désespérément à tout ce que je pouvais et surtout aux souvenirs que j’avais de nous. Siobhàn, Kylian et Kenzie étaient toujours là, ils me rappelaient sans cesse l’amour que je lui portais et la foi inébranlable que je portais en cette famille… en notre famille. J’aimais toujours Nathan, c’était vrai, nous nous étions quittés précipitamment mais, d’un commun accord et je n’avais eu de cesse de penser à lui jusqu’à ce que je tombe sous le charme de Cameron, nous avions eu une histoire mais, j’étais une épouse fidèle et désormais je voyais Nathan comme un ami et rien d’autre. Je donnais l’impression d’être absorbée par le dossier qui se trouvait sur mon bureau mais, ce n’était pas le cas. Mes yeux restaient figé sur la page et ne parcouraient même pas les lignes, je luttais pour ne pas pleurer parce que je ne voulais pas craquer devant ma fille. Bien qu’elle m’ait blessé, je ne voulais pas qu’elle se sente une nouvelle fois coupable, la disparition de Cameron lui était déjà assez éprouvante.

Du coin de l’œil, je la vis quitter se diriger vers la porte prête à quitter mon bureau avant de se raviser. « Ce que j'ai dit y a quelques instants c'était sur le coup de la colère, je ne le pensais pas même si je sais que je t'ai blessé et que tu ne m'excuseras pas comme ça ... je voulais seulement que tu le saches. ». L’idée de lui répondre m’effleura l’esprit sans que je le mette à exécution. Répondre pour dire quoi au juste ? J’avais fait mine de tourner la page et je remarquais par la même occasion qu’elle attendait mon aval pour quitter la pièce, je relevais donc mon nez du dossier et tentais de garder mon calme ce qui me fut particulièrement difficile. « Fermes bien la porte en sortant ». C’était la seule chose que j’avais trouvé à dire, les mots me manquaient. J’étais déçue. En une phrase, Siobhàn venait de me ramener à la dure réalité de ce qui se passait autour de moi et que j’essayais de noyer dans le travail. Lorsqu’elle était sortie, j’avais reposé le dossier sur le bureau et j’avais poussé un long soupir pour tenter de recouvrer mes esprits mais, au lieu de ça, les larmes me montèrent aux yeux d’une telle rapidité que je n’avais pas réussi à les retenir. A présent, elles creusaient un sillon sur mes joues. De ma main, j’étouffais plusieurs sanglots et de mon autre main, tremblante, je saisissais notre jolie photo de famille. Lorsque mon regard se posa sur le visage de mon mari, je me posais de nouveau cette même question : Où es-tu ?

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